Canicules, votre logement est-il prêt pour les grandes chaleurs ?
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Les modèles climatiques sont aujourd’hui d’une précision redoutable : on sait déjà quel climat connaîtront les bâtiments qu’on construit ou rénove aujourd’hui. La bonne nouvelle ? Il existe des solutions simples, accessibles pour s’y préparer dès maintenant.
Chaque été, on parle de canicule. Mais concrètement, qu’est-ce que ça change pour votre logement, votre école, votre EMS ? IMPACT LIVING décortique le sujet avec Régis et Datt, qui suent à grosses gouttes dans leur maison d’époque, et vous montre quatre rénovations bien réelles où il fait bon frais, même lorsqu’il fait 35 degrés dehors.
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Pourquoi s’intéresser à la canicule maintenant, alors qu’on sait construire depuis longtemps ?
Parce qu’un bâtiment, ça dure. Un projet réalisé aujourd’hui vivra 30, voire 40 ans — ce qui veut dire qu’il connaîtra le climat de 2060, et peut-être de 2070. Le fait que le climat se réchauffe, ce n’est pas un scoop. Ce qui l’est davantage : les écarts régionaux vont être énormes.
Les campagnes verdoyantes seront bien mieux loties que les villes et leurs îlots de chaleur — jusqu’à 3 à 6°C de différence entre Genève et la campagne vaudoise. Le bassin lémanique, le pied du Valais et les bords du lac de Neuchâtel comptent parmi les régions les plus touchées : la proximité des lacs augmente l’évaporation, donc l’humidité, ce qui rend les canicules plus lourdes, voire suffocantes. Sur le pourtour lémanique, on attend déjà environ 80 jours de canicule par an, et des dizaines de nuits tropicales. Un bâtiment non rénové, en plein centre-ville, deviendra inhabitable un à deux mois par année.
Alors, y a-t-il des solutions ?
Oui pour l’homme — un peu moins pour la nature. Côté bâtiment, on peut s’adapter avec des moyens techniques, low-tech et passifs, mais aussi avec certaines solutions high-tech.
Comment protéger une maison de la canicule, sans clim ?
Pour que Régis et Datt aient frais chez eux, la recette tient en quatre points :
Isoler.
Très efficace en hiver pour garder la chaleur, l’isolation devient un piège en été si on laisse le soleil entrer sans protection : la chaleur reste coincée à l’intérieur.
Protéger les fenêtres du soleil.
Stores, volets ou protections fixes type pergola bloquent le rayonnement. Bien positionnée, une casquette solaire protège en été (soleil haut) tout en laissant entrer la lumière en hiver (soleil bas).
Ventiler la nuit.
En Suisse, les nuits restent fraîches : ouvrir grand en bas et en haut crée un effet de tirage qui rafraîchit tout le bâtiment. Ça marche très bien à la campagne, plus difficilement en ville où la chaleur stagne.
Gérer les gains internes.
La chaleur dégagée par les habitants, les appareils, une cuisine animée entre amis — tout ça compte. Dans un logement très occupé, les moyens passifs montrent vite leurs limites, et il faut alors se tourner vers des solutions actives de rafraîchissement.
Et pour les écoles, les EMS, les crèches ?
Là, il faut être honnête : les solutions passives ne suffisent plus. Ces bâtiments accueillent énormément de monde — enfants, personnes âgées — et génèrent d’importants gains internes. Sans moyens de rafraîchissement installés dès aujourd’hui, une école ne pourra tout simplement plus fonctionner pendant les pics de canicule, avec un risque bien réel de fermeture entre mai et septembre. Une situation impensable, qui appelle une action immédiate.
Trois exemples de bâtiments rénovés où il fait bon frais en été.
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A Yens, la rénovation se combine à la protection contre le chaud.
Toiture isolée, panneaux solaires et pompe à chaleur réversible couplée à un chauffage au sol : un système fermé qui chauffe l’hiver et rafraîchit l’été, alimenté gratuitement par le solaire en pleine canicule. Résultat mesuré : jusqu’à 8 à 10°C de moins à l’intérieur qu’à l’extérieur.
A Gland, un bâtiment frais pour ses habitants
Sur cet immeuble locatif, façades et toiture ont été isolées, et les balcons fermés avec des stores extérieurs. Bien gérés par les habitants, ils deviennent un espace frais et protégé en plein été.
Châtillon : la végétation comme climatiseur naturel
Ici, ce sont des arbres à feuilles caduques qui font le travail : de l’ombre en été, et un soleil qui revient réchauffer la maison une fois les feuilles tombées en hiver. Au-delà de la technique, un vrai sentiment de bien-être et une magnifique esthétique.
Anticiper la canicule, c’est déjà penser à demain aujourd’hui
Isolation, protection solaire, ventilation nocturne, gestion des gains internes, énergies renouvelables : les solutions existent à toutes les échelles. La question n’est plus de savoir si la canicule va s’intensifier, mais si vos bâtiments seront prêts.
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